19.02.2017

Le 221 à Marjorque : entre mer et montagne !


 

Je n'étais jamais venu à Majorque. Je savais que l'île méditerranéenne recelait quelques jolis coins, mais il faut bien se garder toujours quelques espaces de découverte. Cela dit, j'étais très heureux d'avoir l'occasion d'y aller, grâce à un voyage de presse que je m'empressais de prolonger quelques jours afin d'explorer le GR 221, le plus grand chemin de randonnée de l'île, qui traverse au nord la chaîne de montagnes de la Tramuntana, la plus haute de Majorque.

 

 

 
 
 

 

Les plus hauts sommets n'atteignent ici qu'un peu plus de 1300 mètres

Certes, les plus hauts sommets n'atteignent ici qu'un peu plus de 1300 mètres et le point culminant de ma randonnée allait juste me voir franchir la "barrière" des 1200 mètres, mais ici les montagnes offrent un profil bien découpé et si modeste que soit leur altitudes, les pentes sont bien raides!

 

  

 

 

C'est ainsi que je débute mon périple par une longue montée régulière, en m'elevant au-dessus de la pittoresque cité de Valdemossa, l'un des hauts lieux touristiques de l'île. C'est toutefois encore peu rempli de touristes en cette fin d'hiver et je n'aurai aucun mal à trouver le calme de la montagne et du sentier sur ce GR 221.

D’ailleurs, ces premières pentes, qui s’élèvent au-dessus des champs d’oliviers et une belle forêt d’Yseuls, me conduisent vers des panoramas déjà merveilleux, où la mer vient lécher les roches et la montagne semble plonger dans les flots. L’effort, assez soutenu quand même pour monter là, est donc tout de suite récompensé.

 

 

Deia, un autre village perché tout aussi charmant que le précédent

Après une descente très rocailleuse - le terrain de cette île méditerrannéenne rappelle celui de la Corse- me voici à Deia, un autre village perché tout aussi charmant que le précédent. J’en repars le lendemain, pour une balade plus douce. Là, le GR 221, même si il décrit quand même quelques côtes, se glisse doucement entre les champs d’oliviers. Ces beaux arbres aux formes sculptés par le temps, le vent et les eaux, le murmure de la mer que je longe tout au long de cette journée, les murets de pierres sèches qui encadrent les champs et les maisons (et qui ont donné son surnom “Camin de la pierra en sec” à ce GR) donnent à mon étape un caractère de douce poésie. Je m’arrête souvent pour contempler les lieux, leur quiétude. Le soleil brille au zénith. 

Je suis charmé par cette île que je ne pensais pas si belle, si loin des clichés de tourisme de grande masse qu’on lui prête souvent. 

 

 
 
 

 

 

Orangers, oliveraies et soleil méditérannéen
 

Je suis charmé par cette île que je ne pensais pas si belle

Certes, la petite ville de Soller, blottie au pied des plus hautes montagnes de Majorque, affiche des menus en allemand, mais on ne peut pas dire que la place de la cathédrale soit ce soir envahie de touristes germaniques en short. Certes, il fait sans doute encore un peu frais pour ça. Cela dit, en me baladant dans les petites rues aux commerces animées et encore ouverts, je ne peux que souscrire à cet engouement: c'est vraiment charmant et accueillant.

Les premiers kilomètres de mon étape le lendemain me font admirer les plantations d'agrumes, la spécialité des lieux : les arbres, les villages, dominés par les montagnes et éclairés par un beau soleil matinal, un peu voilé toutefois par quelques nuages que le vent pousse vers les cimes: c'est pas mal du tout !

 

 

 
Le col des Blats

Et l'intensité du spectacle va grimper crescendo aujourd'hui : à mesure que je monte moi-même sur un sentier serpentant d'abord à travers un impressionnant canyon, puis après un replat autour d'un lac, sur des pentes bien raides jusqu'à atteindre le point culminant de mon parcours : le col des Blats, à 1205 mètres d'altitude. Les panoramas délivrés sur ces crêtes sont vraiment somptueux

 

 

 

 

 

 

 

Panoramas somptueux et vent des montagnes
 

Cependant, le vent y souffle en trombe; cette chaîne de montagnes a hérité son nom de celui du vent froid qui souffle depuis le continent: rien d'étonnant à cela. Je redescends donc d'un bon pas, pour me mettre à l'abri au couvert de la forêt, puis je me laisse porter par un sentier à nouveau bien aménagé jusqu'au monastère de Lluc, posé au milieu de la petite vallée.

 
 

 

montagne
 

 

 
 

 

C'est un bel endroit pour passer une nuit, dans le calme et la sérénité de ces lieux autrefois dédiés au pèlerinage. Le lendemain, je reprends seulement quelques kilomètres le chemin (qui doit s’achever un peu plus loin, après une longue descente vers Por) avant de me promener autour du monastère, mes horaires de bus et d’avion ne me permettant pas d’achever totalement les 15 kilomètres qui me séparent de la fin du sentier. Cependant, j’ai encore le temps de découvrir là d’étranges rochers formant des chaos 

aux allures de sculptures et toujours un site vraiment très pittoresque. Surtout, après ces quatre jours de découvertes au rythme de mes pas, j’ai très envie de retourner une autre fois sur Majorque, afin d’y découvrir d’autres lieux et d’autres sentiers : l’île semble se prêter merveilleusement bien à la randonnée (et au vélo, si j’en juge par le nombre incroyable de cycliste que je croise sur ma route de retour vers la Palma!). Ce n’est donc sans doute qu’un au revoir!