21.10.2016

Nettoyage de la Mer de Glace 2016


 

 

Notre bilan du nettoyage de la Mer de Glace 2016

C’est le genre d’action dont on aimerait qu’elle n’existe pas. Voilà un paradoxe qu’on aime ! Chaque année, plus on nettoie la Mer de Glace, moins il y en a pour les suivants, et c’est tant mieux ! Certes, les glaces continuent de recracher leurs détritus mais on constate, comme lors de la dernière édition du Outdoor Cleaning Program organisé par Lafuma début septembre, qu’il y en a moins à ramasser sur les glaces les plus célèbres du monde.

 

 

 

 

 

Donner un coup de main à l'effort collectif

 

Câbles entiers ou en fragments, débris de verre, boites de conserve, morceaux de bois : voilà les déchets les plus courants qui affleurent sur la langue terminale de la Mer de Glace.

« Je croyais que c’était beaucoup plus sale que ça. Il y avait des déchets à ramasser mais je m’attendais de voir une poubelle à ciel ouvert. Je suis agréablement surprise ! Je pense que c’est le bénéfice des années précédentes », explique Catherine Ernoult, invitée spécialement pour l’occasion, heureuse de donner un coup de main à l’effort collectif.

 

Il suffit de se baisser pour découvrir tout les souvenirs laissés par les alpinistes et skieurs du passé

En cheminant depuis la gare du Montenvers et en remontant, par une chaleur inhabituelle pour la saison, il suffit de se baisser pour découvrir tous les souvenirs laissés par les alpinistes et skieurs du passé (dont un passeport suisse !)

 

« J’ai trouvé un tire-bouchon rouillé, sinon c‘est essentiellement du verre, beaucoup de morceaux de verre, des canettes. J’en ai vu certains retirer des gros déchets mais moi, je n’ai vu que des canettes, des capsules, un peu de plastique », raconte Isabelle, membre de l’association de protection de l’environnement Mountain Riders, partenaire de l’évènement.

 

 

 

 

Pour Lafuma, le développement durable s’appuie sur des principes mais aussi et surtout des actes. Il y a neuf ans, ses salariés ont modestement commencé, à moins de deux heures de route du siège social, à Chamonix, sur la Mer de Glace, à mettre les mains dans le cambouis.

En partenariat avec le CAF (Club Alpin Français), la Mairie de Chamonix l’UCPA, la Cie du Mont-Blanc et Mountain Riders, ils ramassent « environ 2 tonnes de déchets qui sont collectés dans de grands sacs et enlevés par hélicoptère », explique Renaud Menozzi, responsable de la marque Lafuma.

Chaque année, penchés comme des chercheurs d’or, une centaine de bénévoles retirent de la surface du glacier ces petites et grandes ordures. Un travail de fourmi qui se déroule à la vitesse du pas. Gestes modestes, certes, mais qui, comme dans la parabole du colibri, s’additionneront à d’autres pour que la glace soit plus propre.

 

 

 

Rapidement les membres du groupe, équipés de sacs et de gants, s’éparpillent sur toute la largeur du glacier. En ce 2 septembre, la lumière est particulièrement belle, découpant précisément les sommets et faces rocheuses alentours. Ici, Thibault se bagarre avec une section de câble, vestige d’anciens chantiers, pour le glisser dans un sac plastique. Un peu plus loin, c’est Anthony qui trouve un ski métallique Head intact, avec la fixation ! Un joli trophée témoin de la variété des objets abandonnés à la nature, en haute-montagne, par nos aïeux. Plus loin, c’est Stéphane qui s’étonne « des milliards de petits bouts de verre qu’il y a partout. On ne peut pas faire un pas sans en voir un ! On m’a dit qu’avant les refuges jetaient simplement les bouteilles vides dans le glacier ! ». 

 

 

La nature n'oublie rien 

Après avoir rassemblé les ordures sur un point de ramassage pour l’hélicoptère, tout le monde prend le chemin du retour, se félicitant d’avoir trouvé, finalement, si peu de déchets cette année. « Je pense qu’il y a un éveil des consciences. Les gens sont maintenant beaucoup plus vigilants sur le fait de ne pas jeter ses ordures dans la nature », estime Alexandre Gallier, bénévole à l’association WaterTrek. Ce que nous apprennent ces journées : les actes, bons ou polluants, ont des conséquences.

Je pense qu'il y a un éveil des consciences

 

Propos recueillis par Guillaume Desmurs